Les vins rosés

Dimanche 21 février 2010

Trop souvent les rosés apparaissent comme les parents pauvres de la grande famille des vins.
Et pourtant au-delà de leur qualité première qui est la fraîcheur et le plaisir qu’ils donnent en été autour d’une grillade ou en accompagnement de salades, les vins rosés ont leur vraie place dans les rangs de leurs congénères.
Il est vrai aussi que certains rosés ne méritent que leur seau à glace alors que d’autres et dans chacune des appellations où ils sont présents, imposent un style et une réelle personnalité.
Cette différence tient généralement aux soins apportés à la vigne, à la vinification et à l’élevage, ce qui se ressent au niveau du prix, il n’y a pas de mystère.

Elaboration du rosé

Contrairement à une idée répandue, le rosé ne résulte pas d’un mélange de vin rouge et de vin blanc. Un récent projet de texte émanant de la Communauté Européenne visant à autoriser des mélanges a soulevé un tel tollé, qu’il a été aussitôt remisé au placard des absurdités de cette grande institution. La loi interdit donc ces mélanges.

Alors qu’en est-il ?

Vinification des vins rosés.

Comme les vins rouges, les rosés sont vinifiés à partir de raisins noirs.
La méthode d’élaboration est identique mais leur fermentation se déroule à une température plus basse, de l’ordre de 15 à 20° C, et la durée de macération est plus courte (de 12 à 36 heures).

Il existe deux procédés de vinification des vins rosés, le pressurage et la saignée.

Vins rosés de pressurage

Le jus est obtenu en pressant des raisins à peau rouge ou rosée, la couleur se concentrant dans les pellicules. Après vinification, du moût comme pour un vin blanc, le vigneron tire un vin gris. Les caractéristiques gustatives d’un rosé de pressurage sont proches de celles d’un vin blanc.

Vins rosés de saignée

Dans ce cas, le raisin est vinifié comme dans l’élaboration du vin rouge. Lorsque le jus a atteint l’intensité désirée, le vigneron « saigne » la cuve, c’est-à-dire qu’il sépare le jus des matières solides (pellicules, pépins).
Le jus continue sa fermentation comme un vin blanc mais la couleur finale est plus intense (d’où le nom de saignée) et le rosé acquiert une certaine richesse tannique.

Les cépages du rosé

Face à une demande croissante, certaines appellations ont produit des vins plus commerciaux qu’originaux, alors que d’autres ont su répondre à la fois aux impératifs de quantité et de qualité.

De par leur origine véritable, on peut citer en particulier deux vins de notre patrimoine : L’Irouléguy au pays basque qui se prolonge dans le vignoble espagnol de Xacoli, et le Tavel du sud des Côtes du Rhône près de Châteauneuf du Pape.
Le Tavel , réputé comme étant le premier rosé de France, était déjà très apprécié à la table de Louis XIV.

L’Irouléguy se caractérise par ses arômes de petits fruits rouges issus du Cabernet Franc, avec des notes florales délicates (aubépine, violette ou jasmin).
Le Tavel quant à lui est très différent, intense, aux notes chaleureuses avec une belle maturité de fruits rouges, fraise écrasée et cerise noire, qui fera apparaitre en fin de nez le côté pierre à fusil et épice qui signe ce vin rosé de caractère.

Les cépages pour produire les rosés sont nombreux : Grenache et Cinsault principalement, complétés par la Syrah et le Mourvèdre.

Température de service des rosés

Il faut prendre garde de ne pas les déguster trop froids. Un seau rempli de glace peut détruire les arômes du vin.
Pour les rosés très secs, la température de service sera légèrement plus basse que pour un rosé charpenté et rond
Un léger passage au réfrigérateur suffira donc, suivi d’un seau à glace rempli d’eau fraîche maintenue à température par quelques glaçons qui doivent fondre rapidement.
Les bouteilles seront débouchées au dernier moment.

Un dernier conseil : Visez d’avantage la qualité que la quantité et mettez y le prix, vous verrez que les rosés peuvent réserver de très belles surprises dans chacune des appellations.

Ajoutons que les vins rosés sont très souvent appréciés par les dames et pas seulement en été, pensez par exemple au Tavel ou au Bandol. Et quand on aime, on ne compte pas…

A savoir, Les femmes et le vin

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