Les vins de Bordeaux à travers les siècles

Mardi 13 juillet 2010

Le vin de Bordeaux est commercialisé depuis l’Antiquité : Histoire d’une aventure

On trouve trace écrite sur la vigne dans la plus vieille œuvre littéraire au monde, un récit babylonien qui date de plus de 4000 ans. Dans le Bordelais, la vigne apparaît lors de la présence romaine en Aquitaine, au premier siècle, sous l’égide de Jules César. Et petit à petit, les Gaulois améliorent les procédés de vinification par la technique du vieillissement en fûts de chêne.

A partir du IVè siècle, le christianisme impulse une nouvelle valeur commerciale au vin car la Communion se fait aussi en en buvant. Mais au Moyen Age, on boit un vin bien différent de celui de l’Antiquité qui était coupé d’eau et parfumé avec des herbes et des aromates. En 800, Charlemagne prend des mesures pour améliorer la qualité du breuvage. Les cathédrales et les églises sont alors propriétaires des vignobles, et les moines posent les jalons de la tradition vitivinicole française en créant une foule de vignobles sur tout le territoire.

Privilège en bordelais

A la fin du XIIè siècle, le Bordelais est la seule région à ne pas être sous la coupe de l’Eglise. Le grand Duché d’Aquitaine, uni à la couronne d’Angleterre par le mariage d’Aliénor, exporte son «  clairet «   (le vin clair) dont les Anglais raffolent. Les Bordelais obtiennent un incroyable privilège : en 1241, le Roi d’Angleterre autorise les vins de Bordeaux à être les seuls commercialisés jusqu’à Noël. Ce qui signifie que les Bordelais sont sûrs d’écouler leur vin. Les autres vignobles du sud-ouest attendront ! Ce privilège dure pendant 500 ans, et prend fin à la veille de la Révolution, en 1773. Avec les Anglais, les Européens du Nord à leur tour deviennent des buveurs de vin de Bordeaux. Le métier de négociant prospère !

Et à partir du XVIIè siècle, venus d’Irlande, d’Ecosse, de Hollande et d’Allemagne, les fils de familles installent des comptoirs commerciaux lucratifs à Bordeaux car pour eux le vin est un produit de luxe. Le marché anglais développe dès le début du XVIIIè siècle des distinctions entre les différents crus de Bordeaux et entre les «  millésimes «  . D’ailleurs, c’est sur la base du prix des vins sur le marché anglais que sera établi le classement des vins de Bordeaux de 1855, classement encore en vigueur aujourd’hui.

Bordeaux premier port de France

Au XVIIIè siècle, Bordeaux est le premier port de France, les bateaux partent à l’assaut des ports de la ligue hanséatique, en Europe du Nord, chargés de barriques, car la totalité des vins était achetée en vrac. L’élevage se faisait dans les chais du négociant (y compris pour les plus grands crus du Médoc). Une fois élevés, au bout d’une ou deux années, les vins étaient mis en bouteille par le négociant qui mettait sur l’étiquette son nom accolé à celui du château. Les négociants apportaient une plue value au vin et leur savoir faire était recherché.

L’age d’or du bordelais

L’âge d’or perdure jusqu’au XIXè siècle car le vin est alors la seule boisson stockable et sûre. Avec l’intervention de la bouteille en verre industrialisée, les premiers vins de garde apparaissent. Haut-Brion (Pessac-Léognan) est le tout premier à commercialiser un vin de « réserve », vin pour lequel il a opéré une sélection pendant la vendange lui assurant une certaine qualité. La révolution industrielle et le développement des transports facilitent l’essor de la commercialisation du vin. Mais le phylloxéna, importé par mégarde des Etats-Unis dans les années 1865-70, plonge la viticulture dans sa première grande crise. Le vignoble européen décimé est heureusement sauvé par l’importation de plants américains résistants à l’insecte. Après une baisse des prix, les Girondins participent à une législation nationale en 1911 qui détermine les aires d’appellation, puis plus tard à la création des AOC. Parallèlement, les viticulteurs maîtrisent de mieux en mieux le vieillissement en bouteille, les techniques œnologiques et agronomiques.

A cette époque, des Corréziens se fixent dans la région de Libourne et Saint Emilion. Ils créent un deuxième pôle de commerce des vins dans la région.

Les négociants

Les négociants sont indispensables sur le marché des vins de Bordeaux. Ils vendent dans le monde entier leur vin sous leur étiquette. Un vin qu’ils ont acheté en vrac, qu’ils élèvent et commercialisent.

De nos jours, la commercialisation des vins de Bordeaux se fait par différents canaux : le propriétaire récoltant vend à la propriété, en direct lors de foire et de salon et par correspondance. Il peut aussi vendre aux restaurants et aux cavistes ou encore faire de l’export. Il peut aussi choisir de passer par un négociant qui se spécialise soit à l’export soit sur le marché français (particuliers, grossistes, centrales d’achat). Chacun des quatre cents négociants présents sur la place de Bordeaux mène son commerce comme il l’entend, mais ils participent tous à vendre plus de 70 % de la production viticole girondine.

A savoir, Vins de France

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2 réponses pour “Les vins de Bordeaux à travers les siècles”

  1. Je cherche la classification des millésimes des vins de bordeaux du xix siecle. Merci pour les renseignemens que vous pourriez avoir.

  2. Désolé car je ne possède pas cette information.
    Bien cordialement

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