Coup de chaleur sur les vignes

Samedi 4 septembre 2010

Jusqu’à présent la hausse des températures fait plutôt le bonheur des vignerons, mais qu’en sera t’il demain ?

Ils constatent de visu les conséquences du réchauffement climatique : Le cycle de la vigne est plus court, entrainant l’avancée de la date des vendanges de dix jours à un mois, et ce, en soixante ans selon les régions. C’est énorme ! Les conditions sanitaires de la vigne sont meilleures en raison d’une moindre humidité, les grappes murissent mieux et les très bons millésimes se succèdent.

Alors, pourquoi s’en faire ?

L’équilibre est fragile et quelques petits degrés de plus pourraient tout remettre en question. Si rien n’est fait pour réduire les gaz à effet de serre, les vignes se déplaceront de mille kilomètres plus au nord. La Grande Bretagne ou les pays scandinaves pourraient devenir les vignobles de demain. Le bourgogne sera-t-il toujours du bourgogne quand son cépage, le pinot noir qui résiste mal à la chaleur, ne poussera plus dans le terroir actuel ?

Quels sont les effets du réchauffement climatique sur les vins ?

En 2003, année de la grande canicule, les vins de Loire ont perdu leur typicité naturelle pour se rapprocher de profils languedociens. Dans le Languedoc précisément, depuis cinq ans les sécheresses se succèdent et entrainent des baisses de rendement qui obèrent la rentabilité des vignerons. Le vin devient plus herbacé, moins rond, plus dur en bouche.
L’autre effet notoire est l’augmentation du taux d’alcool, parfois jusqu’à 14 degrés en raison de l’accroissement du taux de sucre dû à la chaleur. Ce sont 97% des viticulteurs qui ont constaté une augmentation du taux d’alcool dans leur vin, comprise entre 0.5 et 2 degrés.

Quelles sont les solutions ?

Il ne faut pas compter sur le refroidissement du climat avant longtemps et il faut s’adapter à cette nouvelle situation. Voici quelques pistes :

Bernard Arnaud et le baron Albert Frère, propriétaires du Château-Cheval-Blanc , font replanter 2% du domaine tous les ans en privilégiant les vignes dont on pense qu’elles seront adaptées au climat dans cinquante ans. Y sont étudiées une multitude de variétés de cabernet franc, le principal cépage du domaine, pour identifier celles qui resisterons le mieux à la chaleur.
Par ailleurs 68 % des producteurs estiment qu’ils devront modifier le travail de la vigne (gestion du feuillage, hauteur des plants,) et de nouvelles méthodes de travail des sols pour mieux retenir l’eau. Sans doute aussi faudra t-il planter ailleurs, sur les façades nord des collines plutôt qu’au sud, et sur les hauteurs des coteaux plutôt que dans les vallées.

Il faudra aussi s’adapter sur les cépages. 29% des vignerons comptent sur le développement de nouveaux cépages pour s’adapter aux conséquences du réchauffement climatique. Mais que dire de la Bourgogne, qui avec seulement deux cépages autorisés (pinot noir pour le rouge et chardonnay pour le blanc) voit sa marge de manœuvre extrêmement limitée.
D’anciens cépages oubliés mais résistant bien à la chaleur pourraient faire leur come back comme le marselan , le muscardin, le vaccarèse ou la counoise.. Les chercheurs de l’INRA sont à pied d’œuvre pour étudier des croisements naturels entre plusieurs variétés adaptées à un climat plus chaud et plus sec.

Pour l’heure, il s’agit donc de s’adapter mais si les températures venaient à encaisser une nouvelle hausse de 3 à 4 degrés, C’est l’humanité toute entière qui devrait relever un nouveau défi.

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4 réponses pour “Coup de chaleur sur les vignes”

  1. Décidément, le bon sens est parti en quenouille. Car les températures ont eu une petite hausse de 0,7°C depuis 1906 (non linéaire, avec des périodes plus froides et d’autres plus chaudes), et sont stables depuis 2001 (source: mesures RSS, UAH, Hadcrut et Gistemp sur le site WoodForTrees.org), malgré l’augmentation du taux de CO2.

    Et le niveau des océans est à peu près stable (source : : http://www.legos.obs-mip.fr/fr/equipes/gohs/resultats/b2_nivmer_evolution).

    Mais, en dépit des ces données d’observation, tout se passe comme si nous avions une hausse cataclysmique des températures et comme si seuls les modèles du GIEC détenaient la vérité, en détriment de l’observation, ce qui est quand même ahurissant….

    De nombreux travaux (qu’il serait trop long de citer ici -voir le site http://www.pensee-unique.fr/) mettent à mal le dogme du Réchauffement Climatique Anthropogénique, qui devient donc de moins en moins crédible. Et je vous signale, à toutes fins utiles, qu’il est probable que nous nous dirigions vers une période de refroidissement sur plusieurs décennies.

    En ce qui concerne la vigne, tout dépend des conditions locales, et non point d’un climat global. Il faudrait donc, au lieu de dire « moutonnièrement » que la cause en est le Réchauffement Climatique Anthropogénique, analyser les causes réelles des évolutions météorologiques locales.

  2. Cette vision du réchauffement général du climat est, semble-t’il, largement partagée par la communauté scientifique. Mais…mais, il est des exemples passés qui ont démontré qu’un seul homme ayant un avis différent de la communauté scientifique toute entière avait raison. Copernic, pour ne citer que lui, était le seul à affirmer que la Terre tournait autour du soleil et non le contraire, et il était dans le vrai. Alors peur-etre avez vous raison !

  3. Pour Jipebe29

    Ceux qui dénoncent les effets de l’activité humaine sur le réchauffement climatique me font penser à tous ces négationistes et leurs théories sulfureuses.

    Je serai curieux de voir ce que penseront vos arrières petits enfants de ce commentaire que vous venez de laisser….

    Pour les effets météorologiques locaux, je suis toutefois d’accord avec vous.

  4. J’ai déjà reçu le meme type de commentaire auquel j’ai apporté la réponse suivante : « Cette vision du réchauffement général du climat est, semble-t’il, largement partagée par la communauté scientifique. Mais…mais, il est des exemples passés qui ont démontré qu’un seul homme ayant un avis différent de la communauté scientifique toute entière avait raison. Copernic, pour ne citer que lui, était le seul à affirmer que la Terre tournait autour du soleil et non le contraire, et il était dans le vrai. Alors peur-etre avez vous raison ! »

    Quant à mes futurs petits enfants, je ne sais pas ce qu’ils penseront de mon commentaire mais je crains qu’ils n’aient un jugement sévère sur l’héritage écologique que nous leur laisseront.

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